Le Toulouse FC et le Bâton de Bourbotte : quatre-vingts ans de figuration
29/07/2026
Cinquante-deux saisons passées au contact du Bâton de Bourbotte : sur le papier, le Toulouse FC est un vétéran absolu du trophée. Dans les faits, il n’en a tiré que 26 règnes et 62 journées, soit un 18e rang au classement historique. Quatre-vingts ans de présence pour un butin de figurant — bienvenue dans le dossier le plus frustrant de la Ligue 1 2026-27.
Carte d’identité Bâton
- Règnes 26 (sur 970 recensés depuis 1946)
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 62 (18e au classement historique)
- Saisons où le club a croisé le Bâton de Bourbotte 52, de 1946-47 à 2025-26
- Premier règne 29 août 1948, pris à Rennes
- Dernier règne entamé le 12 mai 2024, perdu dès la journée suivante
- Plus long règne 10 journées (à partir du 13 décembre 2008)
- Plus court règne 1 journée (à douze reprises)
- Perdu à domicile 6 fois sur 26 (20 fois à l’extérieur)
- Comme détenteur 62 matchs — 36 conservations, 26 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 112 matchs — 26 prises, 86 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : beaucoup de passages, très peu de séjours
Le paradoxe tient en deux chiffres : 52 saisons au contact du Bâton de Bourbotte, 26 règnes. Le TFC ne s’en empare qu’une saison sur deux, et il ne le garde pas — 2,4 journées par règne, quand l’AJ Auxerre, 13e du classement, fait mieux avec moins (90 journées en 22 règnes) et que le PSG, en tête avec 247 journées, dépasse les sept.
Douze des vingt-six règnes ont duré une seule journée, sept autres deux ; seuls le printemps 1987 (7 journées) et l’hiver 2008-09 (10) passent le cap des quatre. Quatre blocs résument tout : 1948-1965, onze règnes, 19 journées ; 1987-1990, trois règnes, 10 journées ; 1998-2011, l’âge d’or, dix règnes et 30 journées ; depuis 2011, deux règnes, trois journées. Le robinet s’est refermé.
Huit règnes marquants
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Rennes | 29 août 1948 | 1 journée | Nice | Nice 2-1 Toulouse (J3) |
| 3 | Bordeaux | 27 nov. 1949 | 4 journées | Strasbourg | Strasbourg 4-1 Toulouse (J17) |
| 12 | Saint-Étienne | 28 févr. 1987 | 7 journées | Metz | Metz 2-0 Toulouse (J31) |
| 15 | Lens | 8 août 1998 | 1 journée | Lyon | Lyon 6-1 Toulouse (J2) |
| 19 | Auxerre | 2 oct. 2005 | 1 journée | Nancy | Nancy 2-0 Toulouse (J11) |
| 22 | Saint-Étienne | 13 déc. 2008 | 10 journées | Monaco | Monaco 3-2 Toulouse (J28) |
| 24 | Brest | 29 mai 2011 | 4 journées | PSG | Toulouse 1-3 PSG (J4, à domicile) |
| 26 | PSG | 12 mai 2024 | 1 journée | Brest | Toulouse 0-3 Brest (J34, à domicile) |
Les enjeux 2026-27
Rappel : le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il appartient à l’AJ Auxerre, qui l’a arraché à Lille (0-2) lors de l’ultime journée.
Auxerre, un adversaire que Toulouse a déjà su dépouiller
Cinq matchs avec le Bâton de Bourbotte en jeu opposent déjà les deux clubs. Trois fois l’AJA s’est présentée en détentrice et une fois le TFC l’a délestée (2-0, le 2 octobre 2005) ; les deux échecs datent du 18 janvier 1992 (2-3) et du 25 avril 2010 (0-3). Surtout, les deux fois où Toulouse avait le trophée face aux Bourguignons, il l’a gardé : 1-0 en octobre 2008, 1-1 en février 2009.
Les dates à cocher
- Au plus tôt — samedi 12 septembre 2026 (J4), à Lorient : aucun scénario ne peut amener le Bâton de Bourbotte en Haute-Garonne avant cette date. Il y faudrait un enchaînement précis : Lens bat Auxerre à la J1, Lorient bat Lens à la J3, Toulouse bat Lorient. Borne théorique, pas prévision — seul Lens peut faire mieux (dès la J1), le PSG et Brest étant les derniers servis (J5).
- J14 — samedi 12 décembre 2026, 20h00 : Auxerre-Toulouse en Bourgogne.
Les anecdotes
Ni bête noire, ni proie favorite
Vingt-six règnes, et pourtant vingt victimes différentes et vingt bourreaux différents. Aucun club n’a cédé le Bâton de Bourbotte à Toulouse plus de trois fois (Lens, seul recordman), aucun ne le lui a pris plus de deux — plafond atteint par Metz, Bordeaux, Monaco, Saint-Étienne, Lyon et Nancy. Mieux : trois clubs sont à l’équilibre parfait, deux prises pour deux abandons. Bordeaux, Saint-Étienne… et Lyon, l’adversaire de la J1 : pris en août 1990 et janvier 2007, rendu en août 1998 et octobre 2016.
L’été 2011, puis quatre adieux à domicile
Le 29 mai 2011, Toulouse prend le Bâton de Bourbotte à Brest. Le règne durera quatre journées et s’achèvera… à la 4e journée du championnat suivant, face au PSG (1-3) : le seul des vingt-six règnes toulousains à avoir enjambé une intersaison.
Il inaugure aussi une bascule. Le TFC laisse historiquement filer le trophée sur la route — 20 règnes sur 26 se sont terminés à l’extérieur, et sur les vingt-deux premiers, deux seulement devant son public (Reims en 1954, Nantes en 1988). Or les quatre derniers se sont tous achevés à domicile : Montpellier (0-1), le PSG (1-3), Lyon (1-2), Brest (0-3). Le TFC moderne ne perd plus le Bâton de Bourbotte en déplacement, il l’offre sous les yeux des siens.
Les hommes du Bâton de Bourbotte
Pantxi Sirieix, recordman avec 34 matchs en possession du Bâton de Bourbotte, est le plus équilibré : 18 en détenteur, 16 en challenger. Moussa Sissoko (30, dont 18 détenteur), Daniel Congré (29, dont 20 détenteur) et Mohamed Fofana (26, dont 19 détenteur) ont surtout connu la version confortable ; Étienne Didot l’inverse, avec 14 de ses 23 apparitions passées à courir après le trophée.
Chez les buteurs, André-Pierre Gignac écrase tout : 15 réalisations, dont 11 avec le bâton en poche. Derrière, deux joueurs à sept buts forment un miroir parfait — Marcel Lanfranchi a marqué six fois en détenteur et une seule en challenger, Ernest « Ernie » Schultz exactement le contraire. Alberto Marcico (9 buts, 4 en détenteur et 5 en challenger) tient l’équilibre. Sur le banc, et sur le banc seulement, Alain Casanova a dirigé 35 matchs en possession du Bâton de Bourbotte toulousains, un cinquième du total du club, devant Jacques Santini (17) et Abdelkader Firoud (9).
En résumé
Quatre-vingts ans d’ancienneté et un palmarès maigre au regard de celle-ci : 26 règnes, 62 journées, 18e rang. Un club qui côtoie le trophée sans jamais s’y installer, sans bête noire ni proie favorite. 2026-27, saison du changement ?
