Le PSG et le Bâton de Bourbotte : premier de l’histoire, et presque tout récemment
18/08/2026
247 journées avec le Bâton de Bourbotte : le Paris Saint-Germain écrase le classement historique. Sauf que ce record ne dit pas ce qu’on croit. Paris n’a pas conquis le trophée plus souvent que les autres, il l’a même pris moins souvent que n’importe quel club du top 12. Il a simplement arrêté de le rendre.
Carte d’identité
- Règnes 35
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 247 (1er au classement historique)
- Saisons où le club a croisé le bâton 49, de 1971-72 à 2024-25
- Premier règne 13 novembre 1971
- Dernier règne entamé le 19 octobre 2024, perdu à la J31 de 2024-25
- Plus long règne 26 journées (deux fois : 2013 et 2023)
- Plus court règne 1 journée (douze fois, toutes avant 2010)
- Fins de règne 13 à domicile, 22 à l’extérieur
- Victime favorite l’AS Nancy-Lorraine (5 bâtons pris)
- Bourreaux les plus fréquents l’OL et Lens (3 chacun)
- Comme détenteur 247 matchs — 212 conservations, 35 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 86 matchs — 35 prises, 51 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : un record construit en quinze ans
Paris domine avec 247 journées, devant Nantes (201), l’OM et Monaco (188). Mais regardez la colonne d’à côté : 35 règnes seulement, contre 54 à l’OM, 53 à Rennes, 51 à Bordeaux, 47 à Lyon. Marseille s’en est emparé dix-neuf fois de plus… pour 59 journées de moins. Paris le garde 7,1 journées par règne, contre 4,7 à Nantes, deuxième. Il ne le chasse pas, il le confisque.
Encore faut-il préciser depuis quand. Du 13 novembre 1971 au 1er novembre 2009 : 23 règnes pour 78 journées, soit 3,4 par règne, dont douze d’une seule journée, moins, en quarante ans, que Nîmes (85) ou Sochaux (83) n’en affichent aujourd’hui. Puis vient le 28 août 2011 et une prise à Toulouse. Depuis, en douze règnes, Paris a empilé 169 journées à 14,1 de moyenne : plus des deux tiers de son total, et plus aucun passage éclair.
Huit règnes qui racontent le dossier
| # | Pris à | Début | Durée | Cédé à | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Sochaux | 13 nov. 1971 | 1 journée | OL | PSG 1-2 OL (J15) |
| 5 | ASSE | 7 avril 1981 | 11 journées | Monaco | PSG 1-2 Monaco (J4) |
| 8 | Nantes | 11 oct. 1985 | 12 journées | Lille | Lille 2-0 PSG (J20) |
| 12 | Auxerre | 23 sept. 1993 | 23 journées | Nantes | Nantes 3-0 PSG (J33) |
| 25 | ASSE | 2 mai 2012 | 14 journées | ASSE | PSG 1-2 ASSE (J11) |
| 27 | Nancy | 9 mars 2013 | 26 journées | Évian TG | Évian TG 2-0 PSG (J16) |
| 34 | OM | 24 sept. 2023 | 26 journées | Toulouse | PSG 1-3 Toulouse (J33, au Parc) |
| 35 | Strasbourg | 19 oct. 2024 | 23 journées | Nice | PSG 1-3 Nice (J31, au Parc) |
Hors tableau, deux autres longs règnes modernes : Lille (19 journées) et Guingamp (21).
Les enjeux 2026-27
Le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il appartient à l’AJ Auxerre, qui l’a arraché à Lille (0-2) le 17 mai 2026, à l’ultime journée. Pour le récupérer, il faudra battre celui qui l’aura ce jour-là.
Auxerre, l’adversaire à double tranchant
L’AJA a joué les deux rôles en neuf matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte. Elle a pris le trophée au PSG deux fois, le 24 mars 1996 (3-0) et le 30 octobre 2005 (2-0), chaque fois en Bourgogne sans encaisser un but. Dans l’autre sens, une seule prise parisienne, mais quelle prise : 4-0 le 23 septembre 1993, et vingt-trois journées de règne derrière. Bilan : 2 victoires (deux 4-0, en 1985 et 1993), 3 nuls, 4 défaites. Dernier épisode, un 0-0 le 6 décembre 2024 où l’AJA a laissé filer sa chance.
Les dates à cocher
- J1 — dimanche 23 août 2026, 20h45 : PSG-Rennes au Parc pendant que le Bâton de Bourbotte sera à Bollaert.
- J5 — dimanche 20 septembre 2026 : à l’extérieur chez l’OM. Il y faudrait quatre victoires de challenger d’affilée : Angers bat Auxerre (J2), Rennes bat Angers (J3), l’OM bat Rennes (J4), le PSG bat l’OM (J5).
- J17 — samedi 23 janvier 2027, 20h00 : PSG-Auxerre au Parc.
Les anecdotes
Trois fois 1-3, trois fois au Parc
La série la plus troublante est toute fraîche : les trois derniers règnes parisiens se sont achevés à domicile sur le même score, 1-3 — Lorient le 8 avril 2023 (J33), Toulouse en 2023-24 (J33), Nice en 2024-25 (J31). Trois fois le dernier tiers de la saison, trois fois le Parc. Et pour les deux derniers, le même cycle : Bâton de Bourbotte pris à l’automne, hiver entier avec, échappée au printemps.
Une saison entière sans même l’apercevoir
En 2025-26, le PSG n’a disputé aucun match comptant pour le Bâton de Bourbotte : trente-quatre journées sans croiser le détenteur du moment. Pas une absence de l’élite, un évitement. Et sur les dix-huit clubs de la Ligue 1 2026-27, un seul partage cette curiosité : Angers SCO.
Nancy la mine d’or, Saint-Étienne le boomerang
Nul n’a autant nourri le PSG que l’AS Nancy-Lorraine : cinq bâtons pris, en 1980, 1983, 2005, 2007 et 2013, le dernier a lancé le règne de 26 journées, à égalité le plus long de son histoire. Saint-Étienne, deuxième fournisseur avec quatre, a fait plus fort : Paris lui prend le trophée le 2 mai 2012 et le lui rend quatorze journées plus tard, battu 1-2 au Parc. Seul règne parisien où le dépouillé et le bourreau sont le même.
Les hommes
À Paris, on joue avec le bâton bien plus qu’on ne court après. Blaise Matuidi, seul centenaire du club, totalise 100 matchs dont 90 en détenteur, devant Marquinhos (92, dont 78), Javier Pastore (89, dont 79), Marco Verratti (84, dont 72) et Salvatore Sirigu (80, dont 72). Plus déséquilibré encore, Zlatan Ibrahimovic : 75 matchs, 71 le trophée en poche, 4 en chasseur.
Ses buts suivent la même pente, 65 réalisations, dont 62 en détenteur, devant Edinson Cavani (36, dont 31) et Kylian Mbappé (34, dont 31). Plus radical, Ousmane Dembélé : ses 20 buts comptant pour le Bâton de Bourbotte ont tous été marqués trophée en main, aucun en challenger. Seul ancien du palmarès, Dominique Rocheteau et ses 15 buts. Sur le banc, Laurent Blanc mène (59 matchs dirigés) devant Luis Enrique (51) et Carlo Ancelotti (35).
En résumé
Premier au classement avec 247 journées, le PSG a bâti sa couronne à contre-courant : moins de prises que quiconque en haut du tableau, des règnes deux fois plus longs que la moyenne. Quarante ans de figuration, quinze ans de mainmise, et deux failles : trois printemps de suite, le bâton lui a échappé au Parc sur un 1-3, puis, en 2025-26, il ne l’a pas même croisé. La reconquête ne pourra pas s’ouvrir avant la J5.
