Le Paris FC et le Bâton de Bourbotte : un règne, deux journées
11/08/2026
Il y a des dossiers qui se dévorent, et d’autres qui se lisent en trente secondes. Celui du Paris FC appartient à la seconde catégorie : un règne, deux journées, 47e au classement historique, le patrimoine le plus maigre de la Ligue 1 2026-27.
Carte d’identité
- Règnes 1
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 2 (51e au classement historique)
- Saisons où le club a croisé le Bâton 4, de 1972-73 à 2025-26
- Unique règne pris le 10 avril 2026, perdu à la 31e journée
- Plus long règne 2 journées (c’est aussi le plus court)
- Fins de règne 1 à domicile, 0 à l’extérieur
- Victime Monaco (1 fois)
- Bourreau Lille (1 fois)
- Comme détenteur 2 matchs – 1 conservation, 1 perte (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 10 matchs – 1 prise, 9 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : un demi-siècle d’attente pour deux journées
Quatre saisons, c’est tout : 1972-73, 1973-74, 1978-79 et 2025-26. Trois dans les années 70, une l’an dernier, et un trou de près d’un demi-siècle au milieu.
Les trois premières n’ont rien rapporté : aucun règne, pas une prise, et quelques souvenirs cuisants, un 3-1 encaissé à Sedan le 26 novembre 1972, un 1-3 concédé au FC Metz le 4 avril 1973, un 4-1 pris à Troyes le 6 octobre 1973. Puis le silence, jusqu’au printemps 2026.
10 avril 2026 : le jour où le Bâton est enfin tombé
Le Paris FC reçoit l’AS Monaco, détentrice du trophée, et gagne 4-1 : son plus large succès dans un match comptant pour le Bâton de Bourbotte, et la première entrée du trophée dans ses vestiaires. Neuf jours plus tard, les Parisiens le défendent à Metz et s’imposent 3-1, seule fois où ils l’auront conservé sur le terrain. Puis vient la 31e journée : 0-1 contre le LOSC, terminus. Le Bâton de Bourbotte part à Lille, où l’AJ Auxerre ira le chercher le 17 mai (0-2, ultime journée).
Le tableau des règnes
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Monaco | 10 avril 2026 | 2 journées | Lille | Paris FC 0-1 Lille (J31, à domicile) |
Une ligne. Pour l’échelle : depuis 1946, le Bâton de Bourbotte a connu 970 règnes. Le Paris FC en détient un. Le classement historique recense trois clubs parisiens, et l’écart tient du gouffre : le PSG 1er avec 247 journées et 35 règnes, le RC Paris 19e avec 55 journées et 19 règnes, le Paris FC 47e avec 2 journées. L’AJ Auxerre, détentrice actuelle, en est à 22 règnes, 90 journées et une 13e place.
Les enjeux 2026-27
Rappel : le Bâton de Bourbotte ne se gagne pas au classement, il change de main dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il appartient à l’AJ Auxerre, et il sera remis en jeu dès la J1, samedi 22 août à 17h15, du côté de Lens. Le Paris FC, lui, ouvrira à 20h45 sur la pelouse de l’ESTAC, promu. Le Bâton de Bourbotte ne sera pas du voyage, mais l’affiche a une histoire : la dernière trace d’un Troyes – Paris FC dans les archives remonte au 6 octobre 1973, et ce 4-1 reste la plus lourde correction subie par le club dans un match comptant pour le Bâton de Bourbotte.
Un face-à-face inédit avec Auxerre
Pour récupérer le trophée, il faudra battre celui qui le porte ce jour-là. Si l’AJA le conserve, une particularité : les archives ne recensent aucun Paris FC – Auxerre dans un match comptant pour le Bâton de Bourbotte. Ce serait, au sens strict, une première.
Les dates à cocher
- J1 – samedi 22 août 2026, 20h45 : ESTAC – Paris FC. Le Bâton de Bourbotte sera à Lens, pas à Troyes.
- J4 – samedi 12 septembre 2026 : Paris FC – OL. La journée la plus précoce à laquelle le trophée peut revenir dans les vestiaires parisiens, au prix d’un enchaînement précis : l’OL bat Auxerre à la J3, puis le Paris FC bat l’OL. Rien ne va plus vite.
- J10 – samedi 7 novembre 2026, 20h00 : Auxerre – Paris FC. Premier rendez-vous avec l’AJA, à l’extérieur.
Les anecdotes
Toute une histoire en neuf jours
Douze matchs de Bâton depuis 1972, deux victoires, et elles sont tombées à neuf jours d’intervalle : le 4-1 contre Monaco le 10 avril 2026, le 3-1 à Metz le 19. Retirez ces neuf jours du dossier parisien et il ne reste plus qu’un nul et neuf défaites.
Le miroir messin
Le FC Metz apparaît deux fois dans le dossier, à cinquante-trois ans de distance, même score et rôles inversés. Le 4 avril 1973, Metz vient à Paris avec le Bâton de Bourbotte et repart avec, vainqueur 1-3. Le 19 avril 2026, le Paris FC va à Metz avec le Bâton de Bourbotte et repart avec, vainqueur 1-3. Deux détenteurs qui conservent leur bien sur la route, en avril.
Les hommes
Le Paris FC n’a disputé que 2 matchs avec le bâton en main, contre 10 en challenger. Découpées ainsi, les carrières donnent un résultat spectaculaire : aucun des hommes des années 70 n’a jamais joué avec le trophée.
Georges Eo domine les présences avec 7 apparitions, plus de la moitié des douze matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte de l’histoire du club, et les sept sont des matchs de challenger. Même chose pour Jean Djorkaeff et Gérard Madronnet (6 chacun), pour Mordechai Spiegler, Daniel Horlaville et Bernard Guignedoux (5) : trente-quatre matchs cumulés à eux six, pas un seul avec le bâton en poche. Dans ce classement des présences, les seuls à afficher la moindre apparition comme détenteur sont les hommes d’avril 2026, Adama Camara et Alimami Gory, 4 matchs chacun dont 2 dans ce rôle, soit l’intégralité du règne parisien.
Devant le but, Jonathan Ikoné mène avec 2 réalisations, marquées l’une et l’autre en position de challenger, ce qui n’a rien d’un reproche : le 4-1 contre Monaco était lui aussi un match de challenger, c’est ainsi qu’on prend le Bâton de Bourbotte. Derrière lui, une file de buteurs à une unité, dont Alimami Gory, qui a inscrit le sien alors que le club portait le trophée.
Sur le banc, quatre entraîneurs se partagent tout le dossier : Louis Hon (4 matchs), Bruno Bollini (4), Antoine Kombouaré (3) et Stéphane Gilli (1). Quatre hommes, douze matchs, un demi-siècle : le compte tombe juste.
En résumé
47e au classement historique, un règne, deux journées : le Paris FC aborde 2026-27 avec le dossier le plus léger de l’élite, et il n’y a aucune raison de le maquiller. Un 4-1 contre Monaco, un 3-1 à Metz, neuf jours d’avril 2026 pendant lesquels le Bâton de Bourbotte a dormi à Paris, un 0-1 contre Lille pour rappeler que ça ne dure jamais. Le seul avantage d’arriver 47e : le moindre règne supplémentaire peut vite faire grimper.
