Le Havre AC et le Bâton de Bourbotte : un doyen sans histoire
10/08/2026
Il y a l’ancienneté, et il y a le patrimoine. Le Havre AC possède la première sans avoir construit le second : il croise le Bâton de Bourbotte depuis 1950-51, l’un des plus vieux dossiers de cette Ligue 1, pour huit règnes et vingt-deux journées. Trente et unième au classement historique, et plus la moindre trace du trophée en Normandie depuis avril 2009.
Carte d’identité
- Règnes 8
- Journées passées avec le Bâton 22 (31e au classement historique)
- Saisons où le club a croisé le Bâton 21 (de 1950-51 à 2025-26)
- Premier règne 23 septembre 1951
- Dernier règne entamé le 4 avril 2009, perdu dès la 31e journée
- Plus long règne 6 journées (automne 1951)
- Plus court règne 1 journée (à quatre reprises)
- Fins de règne 2 à domicile, 6 à l’extérieur
- Comme détenteur 22 matchs, 14 conservations, 8 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 37 matchs, 8 prises, 29 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : deux vies, deux longs silences
Vingt et une saisons au contact du Bâton de Bourbotte, dont treize sans jamais mettre la main dessus. Le 23 septembre 1951, Le Havre l’arrache au Stade de Reims et le conserve six journées : son plus long règne, toujours d’actualité soixante-quinze ans plus tard. Suivent février 1954 (quatre journées, à Sochaux) et septembre 1960 (une journée, à Sedan). Trois règnes en neuf ans, onze journées : la moitié du patrimoine havrais est bâtie avant 1961.
Puis plus rien pendant près de trente et un ans, alors que les archives recensent des matchs face au détenteur dès 1986-87. Le trophée ne revient qu’en juillet 1991, pour cinq règnes minuscules jusqu’en avril 2009 : cinq journées, une, trois, une, une. Depuis la défaite 1-2 contre Caen à la 31e journée de 2008-09, plus rien. Trois saisons de contact en 2023-24, 2024-25 et 2025-26, zéro prise. Dix-sept ans que le Bâton de Bourbotte n’a plus dormi au Havre.
Les huit règnes en détail
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Stade de Reims | 23 sept. 1951 | 6 journées | Nancy | Nancy 2-1 Le Havre (J12, à l’extérieur) |
| 2 | Sochaux | 28 févr. 1954 | 4 journées | Toulouse | Toulouse 5-1 Le Havre (J23, à l’extérieur) |
| 3 | Sedan | 4 sept. 1960 | 1 journée | Valenciennes | Le Havre 0-1 Valenciennes (J4, à domicile) |
| 4 | OL | 20 juil. 1991 | 5 journées | Toulon | Toulon 4-0 Le Havre (J6, à l’extérieur) |
| 5 | Cannes | 13 mars 1998 | 1 journée | Bastia | Bastia 2-0 Le Havre (J30, à l’extérieur) |
| 6 | OL | 20 mars 1999 | 3 journées | PSG | PSG 3-0 Le Havre (J30, à l’extérieur) |
| 7 | Bastia | 1er mars 2003 | 1 journée | Nantes | Nantes 2-0 Le Havre (J30, à l’extérieur) |
| 8 | Monaco | 4 avril 2009 | 1 journée | Caen | Le Havre 1-2 Caen (J31, à domicile) |
Un seul club a été dépouillé deux fois par les Havrais : l’OL, en 1991 puis en 1999.
Les enjeux 2026-27
Rappel du principe : le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul suffisant à le conserver. À l’intersaison, il appartient à l’AJ Auxerre, qui l’a arraché à Lille le 17 mai 2026 (0-2, J34). Le Havre devra donc battre celui qui l’aura ce jour-là.
La J1 n’y servira à rien : le Bâton de Bourbotte sera à Lens le 22 août, quand Le Havre reçoit Monaco le lendemain. Monaco, précisément le dernier club auquel les Normands ont pris le trophée, le 4 avril 2009. Face à une AJA détentrice, deux tentatives, deux échecs : un 0-0 le 29 mai 1993, le scénario le plus frustrant qui soit puisque le nul suffit au détenteur, et un Auxerre 1-0 Le Havre le 27 janvier 1996.
Les dates à cocher
- J1 — dimanche 23 août 2026 : Le Havre-Monaco. Le Bâton de Bourbotte est ailleurs, mais le symbole est là.
- J4 — samedi 12 septembre 2026 : Le Havre-Angers. La journée la plus précoce à laquelle le trophée peut atterrir en Normandie, au prix d’un enchaînement précis : Auxerre le garde face au RC Lens, Angers bat Auxerre à la J2 et ne perd pas face au Stade Rennais ensuite, Le Havre bat Angers. Rien ne va plus vite.
- J7 — samedi 17 octobre 2026 : Le Havre reçoit Auxerre. Si l’AJA a encore le Bâton de Bourbotte, premier vrai rendez-vous, à la maison.
Les anecdotes
Huit règnes, huit bourreaux différents
Nancy, Toulouse, Valenciennes, Toulon, Bastia, le PSG, Nantes, Caen : les huit règnes havrais ont été interrompus par huit clubs différents, aucun ne l’ayant fait deux fois. Ni bête noire, ni bourreau attitré, avec une boucle qui se referme : Bastia est le seul nom des deux colonnes, les Corses dépouillant Le Havre le 13 mars 1998 avant que celui-ci ne leur reprenne le Bâton le 1er mars 2003. Vengeance froide, et gardée une seule journée.
Mars, mois havrais
Trois des huit règnes démarrent en mars, 1998, 1999, 2003, et tous trois s’achèvent exactement à la 30e journée, à l’extérieur : Bastia, le PSG, Nantes. Mars abrite aussi le meilleur et le pire du dossier, à quatre jours d’écart : le 21 mars 1954, un 4-1 à Bordeaux, l’un des deux plus larges succès havrais avec le 0-4 de Metz le 7 octobre 1951 ; le 25, un 5-1 à Toulouse qui emporte le deuxième règne.
Les hommes
Un total d’apparitions ne dit rien tant qu’on ignore dans quel rôle il a été accumulé : Le Havre a joué 22 matchs avec le Bâton de Bourbotte en main, 37 en chasseur.
Jean-Pierre Delaunay, recordman avec 13 matchs, est presque à l’équilibre : 6 comme détenteur, 7 comme challenger. Teddy Bertin et Jérémy Hénin (12 chacun) affichent 5 et 7. Plus étonnants, Fabien Piveteau et Yazid Mansouri : 10 matchs, cinq de chaque côté, dans un club qui a passé les deux tiers de son temps à courir après le Bâton. Jean-Michel Lesage (9 matchs) fait l’inverse, avec 3 seulement le trophée en main ; Philippe Mahut et Thierry Goudet suivent à 9 matchs, 5-4.
Devant le but, le contraste est plus net encore. Jean Saunier, meilleur buteur du dossier avec 7 réalisations, en a inscrit 5 le Bâton en main ; Eduardo Di Loretto fait presque mieux, 5 de ses 6 buts en détenteur. Michel Hidalgo est leur exact opposé : ses 3 buts sont tous venus en challenger.
Sur le banc, Pierre Mankowski a dirigé le plus de matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte (9), devant Francis Smerecki (6), Didier Digard (4), Luka Elsner et Jean-François Domergue (3).
En résumé
Présent depuis 1950-51, Le Havre aborde 2026-27 avec 22 journées de règne et un 31e rang historique. Quatre de ses huit règnes n’ont tenu qu’une journée, et huit bourreaux différents ont fait le travail. Le détail par rôle dit le reste : 37 matchs à courir après un détenteur pour 8 prises seulement. Restent l’ancienneté, une borne théorique au 12 septembre et un autre rendez-vous au 17 octobre, à la maison.
