L’OM et le Bâton de Bourbotte : une histoire de prises
12/08/2026
Cinquante-quatre fois, depuis 1947, l’Olympique de Marseille s’est emparé du Bâton de Bourbotte. Sur les 970 règnes recensés depuis 1946, un sur dix-huit est marseillais, et personne n’en approche. Le hic est dans la ligne du dessous : l’OM ne garde jamais bien longtemps ce qu’il prend si souvent.
Carte d’identité
- Règnes 54 (record absolu)
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 188 (3e au classement historique)
- Saisons où le club a croisé le bâton 66, de 1946-47 à 2025-26
- Premier règne 28 septembre 1947, pris à Lille
- Dernier règne perdu à Rennes lors de la 1re journée 2025-26
- Plus long règne 18 journées (à cheval sur 1991-92 et 1992-93)
- Plus court règne 1 journée (à quatorze reprises)
- Durée moyenne d’un règne 3,5 journées
- Fins de règne 13 à domicile, 41 à l’extérieur
- Comme détenteur 188 matchs — 134 conservations, 54 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 126 matchs — 54 prises, 72 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : le collectionneur pressé
Soixante-six saisons à croiser la route du Bâton de Bourbotte, 314 matchs, 54 règnes : une prise par saison de présence ou presque, un rythme que personne ne tient. Pourtant l’OM n’est que 3e au classement historique : 188 journées, quand le PSG culmine à 247 avec dix-neuf règnes de moins et que Monaco affiche le même total en douze règnes de moins.
Le chiffre qui résume tout : 3,5 journées de règne en moyenne, contre 7,1 au PSG, 4,7 à Nantes, 4,5 à Monaco et 3,6 à Lyon. Des cinq clubs les plus présents, Marseille rend le Bâton de Bourbotte le plus vite. Quatorze de ses règnes n’ont duré qu’une journée, vingt-cinq deux au plus, quatre seulement ont atteint huit et le record de 18 vaut à lui seul près d’un dixième du total marseillais.
Neuf règnes marquants
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Lille | 28 sept. 1947 | 3 journées | ASSE | ASSE 3-2 OM (J10) |
| 2 | Sochaux | 16 janv. 1949 | 1 journée | Rennes | Rennes 6-1 OM (J23) |
| 13 | Metz | 8 mars 1970 | 6 journées | OL | OL 1-0 OM (J29) |
| 26 | ASSE | 29 août 1987 | 1 journée | Nantes | Nantes 5-0 OM (J9) |
| 29 | Auxerre | 29 févr. 1992 | 18 journées | Bordeaux | Bordeaux 1-0 OM (J10) |
| 41 | Nancy | 23 mai 2009 | 8 journées | Valenciennes | Valenciennes 3-2 OM (J7) |
| 47 | Nice | 1er oct. 2017 | 10 journées | OL | OL 2-0 OM (J18) |
| 51 | OL | 6 nov. 2022 | 8 journées | Nice | OM 1-3 Nice (J22, au Vélodrome) |
| 54 | Rennes | 17 mai 2025 | 1 journée | Rennes | Rennes 1-0 OM (J1) |
Côté casting, Lyon écrase le carnet d’adresses : victime préférée de l’OM (cinq fois arrachés, dont deux les 28 avril 1967 et 1977) et bourreau le plus fréquent à égalité avec Rennes (six pris, dont cinq à Lyon). Suivent Reims, Bordeaux et Nantes, quatre fois chacun.
Les enjeux 2026-27
Le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il est à l’AJ Auxerre, qui l’a pris à Lille le 17 mai 2026 (0-2, dernière journée). Pour le rapatrier au Vélodrome, l’OM devra battre celui qui l’aura ce jour-là.
Auxerre, l’adversaire que l’OM ne perd jamais
L’AJA est le détenteur que Marseille craint le moins : onze matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte entre les deux clubs, et l’OM ne les a jamais perdus : six victoires, cinq nuls, zéro défaite. Six fois Auxerre s’est présenté avec le bâton en poche, trois fois il est reparti sans (0-2 chez lui le 5 mai 1990, 2-0 au Vélodrome le 29 février 1992, 1-0 au Vélodrome le 10 décembre 2005), les trois autres sur un 0-0 (1996, 2002, 2010).
Les dates à cocher
- J1 — vendredi 21 août 2026, 20h45 : OM-Strasbourg ouvre la saison. Le Bâton, lui, sera à Bollaert. Strasbourg reste l’avant-dernier bourreau de l’OM (2024-25).
- J4 — samedi 12 septembre 2026 : à Rennes. Il y faudrait trois victoires de challenger d’affilée : Auxerre le conserve à Lens (J1), Angers bat Auxerre (J2), Rennes bat Angers (J3), l’OM bat Rennes (J4). Piquant : la victime serait Rennes, qui lui a repris le bâton à la J1 2025-26.
- J12 — samedi 28 novembre 2026, 20h00 : Auxerre-OM, première cartouche si l’AJA tient encore le bâton.
Les anecdotes
Cinq étés avec le Bâton de Bourbotte, cinq rentrées ratées
L’OM sait ce que vit Auxerre. Cinq fois il a passé la trêve estivale avec le Bâton de Bourbotte — 1953, 1970, 1976, 2015, 2025, et cinq fois sur cinq il l’a rendu avant la 4e journée suivante : J1 contre Nîmes (0-4), J3 à Nîmes (3-0), J2 à Nantes (3-0), J1 contre Caen (0-1), J1 à Rennes (1-0). Le plus cruel : le 17 mai 2025, l’OM prend le trophée à Rennes, le promène tout l’été, et dès la première journée le rend… à Rennes.
La défaite qui n’a pas compté
Le 19 juin 1976, dernière journée, l’OM se déplace à Avignon avec le Bâton de Bourbotte et s’incline 2-1. Normalement, le trophée change de mains. Sauf qu’Avignon descend en deuxième division dans la foulée, et le règlement est formel : un club relégué restitue le bâton à son précédent détenteur. Marseille repart donc en vacances avec le trophée qu’il venait de perdre, et entame la saison suivante avec. Huit défaites de détenteur seulement ont été annulées de cette façon, l’OM en a profité une fois.
Les hommes
Logique, chez un club qui court après le Bâton autant qu’il le porte : les deux rôles s’y partagent bien plus équitablement qu’ailleurs. Steve Mandanda mène les présences avec 64 matchs, 42 en détenteur, 22 en challenger, devant Jules Zvunka (47, dont 13 en chasse), Jean-Paul Escale et Dimitri Payet (38) et Marius Trésor (37, dont 15 en challenger, plus forte proportion du groupe). Abedi Pelé, lui, n’a presque connu que le trophée en main : 28 de ses 32 matchs.
Côté buts, Josip Skoblar mène avec 23 réalisations (16 en détenteur, 7 en challenger), devant Joseph Yegba Maya (22, dont 19 le Bâton en poche) et Mamadou Niang (18). Seul de la liste, Gunnar Andersson a marqué plus souvent en chasseur qu’en porteur : 9 buts contre 7. Sur le banc, Mario Zatelli mène (38 matchs dirigés) devant Raymond Goethals (29) et Didier Deschamps (23). Curiosité : Jules Zvunka figure dans les deux listes, 47 matchs comme joueur et 17 comme entraîneur, soit 64, le compteur exact de Mandanda.
En résumé
L’OM est un recordman du Bâton de Bourbotte, mais pas celui qu’on croit : 54 prises que personne n’approche, et pourtant seulement 3e au temps de possession, avec le règne moyen le plus bref des cinq gros du classement. Depuis le 1-0 encaissé à Rennes à la première journée 2025-26, plus rien, une saison entière sans nouveau règne. Et la série ne pourra pas reprendre avant la 4e journée.
