Le Stade Rennais et le Bâton de Bourbotte : le grand passeur
31/07/2026
Huitième au classement historique avec 125 journées, le Stade Rennais a pourtant pris le Bâton de Bourbotte cinquante-trois fois : seul l’OM a fait mieux. Sur les 970 règnes recensés depuis 1946, près d’un sur dix-huit est rennais, et aucun club du top 10 ne s’en sépare aussi vite.
Carte d’identité
- Saisons où le club a croisé le Bâton de Bourbotte 61 (de 1946-47 à 2025-26)
- Règnes 53
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 125 (8e au classement historique)
- Moyenne par règne 2,36 journées
- Premier règne 17 novembre 1946, pris au RC Paris
- Dernier règne entamé le 13 décembre 2025, pris à Brest
- Plus long règne 9 journées (à partir du 30 septembre 1995)
- Plus court règne 1 journée (à vingt-sept reprises)
- Perdu à domicile 8 fois sur 53
- Comme détenteur 125 matchs, 72 conservations, 53 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 128 matchs, 53 prises, 75 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique
61 saisons de contact, dont 32 d’affilée depuis 1994-95 : Rennes a toute sa place haut au classement. Ce qui étonne, c’est comment. Trois clubs seulement ont franchi les cinquante prises (l’OM 54, Rennes 53, Bordeaux 51), mais les Bretons n’en tirent que 2,36 journées par règne.
| Rang | Club | Journées | Règnes | Moyenne |
|---|---|---|---|---|
| 1 | PSG | 247 | 35 | 7,06 |
| 2 | Nantes | 201 | 43 | 4,67 |
| 3 | OM | 188 | 54 | 3,48 |
| 4 | Monaco | 188 | 42 | 4,48 |
| 5 | OL | 168 | 47 | 3,57 |
| 6 | Bordeaux | 155 | 51 | 3,04 |
| 7 | Lille | 134 | 41 | 3,27 |
| 8 | Rennes | 125 | 53 | 2,36 |
Rennes est le seul club du top 8 sous les trois journées par règne. Le contraste avec le PSG dit tout : dix-huit règnes de plus, 122 journées de moins.
Les dix règnes qui comptent
Les huit règnes d’au moins cinq journées (51 sur 125), plus le premier et le dernier :
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | RC Paris | 17 nov. 1946 | 3 j | Montpellier | Montpellier 1-0 Rennes (J20) |
| 3 | Montpellier | 11 avr. 1948 | 6 j | Toulouse | Toulouse 2-1 Rennes (J2) |
| 13 | Nîmes | 3 janv. 1965 | 8 j | Toulon | Toulon 4-1 Rennes (J26) |
| 18 | Nîmes | 26 août 1970 | 5 j | Angers | Angers 2-1 Rennes (J9) |
| 28 | Bastia | 30 sept. 1995 | 9 j | Cannes | Cannes 3-0 Rennes (J20) |
| 30 | Strasbourg | 6 sept. 1996 | 5 j | Monaco | Monaco 3-1 Rennes (J11) |
| 37 | Lille | 30 nov. 2002 | 5 j | OM | OM 2-0 Rennes (J22) |
| 41 | OL | 25 févr. 2006 | 7 j | Nice | Nice 2-1 Rennes (J35) |
| 50 | Strasbourg | 14 mars 2021 | 6 j | Bordeaux | Bordeaux 1-0 Rennes (J35) |
| 53 | Brest | 13 déc. 2025 | 3 j | Lorient | Rennes 0-2 Lorient (J19) |
Le record date de l’automne 1995 : Bâton de Bourbotte arraché à Bastia, gardé neuf journées, lâché à Cannes (3-0) puis huit journées à l’hiver 1965. Le reste est du courant alternatif : vingt-sept règnes d’une journée sur cinquante-trois, quarante-quatre en trois ou moins. Et il meurt sur la route, quarante-cinq fins de règne à l’extérieur contre huit à domicile, dont six soldées par un zéro pointé.
Victime préférée, l’OM (6 prises), devant Strasbourg (4), Bordeaux, Nice, l’OL et Auxerre (3). Bourreaux en chef, Metz, Monaco et Nice, quatre fins de règne chacun. Restent les trous d’air, près de neuf ans sans trophée entre octobre 1976 et septembre 1985, plus de sept ans entre mars 2011 et mai 2018, avant l’accélération de 2025 : trois règnes dans l’année, et Lorient prenant le bâton à Rennes deux fois en 2025-26, 4-0 à la J2 puis 0-2 à la J19.
Les enjeux 2026-27
Rappel : le détenteur perd, le Bâton de Bourbotte change de mains. Il fait nul, il reste. À l’intersaison, il est à l’AJ Auxerre, qui l’a pris à Lille (0-2) le 17 mai 2026, à l’ultime journée, et sera remis en jeu à Lens dès la J1.
Le dossier auxerrois : trois hold-up rennais
Sept confrontations recensées. Quatre fois l’AJA s’est présentée en détentrice, trois fois elle est repartie les mains vides, toujours en Bretagne : 2-1 le 17 février 1996, 1-0 le 12 janvier 2005, 3-1 le 14 octobre 2006. Seule réussite bourguignonne, le 14 mars 1984 (1-3). Dans l’autre sens tout se retourne : sur trois bâtons à défendre face à l’AJA, un seul sauvé (3-2 en 2002), deux perdus (0-2 en 2004, 0-1 en 2010).
Les dates à cocher
- J1 — dimanche 23 août 2026 : PSG-Rennes, le Bâton de Bourbotte est ailleurs.
- Au plus tôt : J3 — dimanche 6 septembre 2026. Borne théorique, pas une prévision : il faudrait qu’Angers prenne le Bâton de Bourbotte à Auxerre en J2, puis que Rennes aille gagner à Angers.
- J6 — samedi 10 octobre 2026 : Rennes-Auxerre, là où l’AJA a déjà été dépouillée trois fois.
Les anecdotes
Les cartons de l’après-guerre
Trois règnes rennais ont franchi une intersaison : celui du 11 avril 1948, rendu à la J2 suivante à Toulouse, puis ceux pris à Sedan en 2002 et au PSG en 2018, rendus dès la J1. Le premier fut le plus flamboyant : 7-1 sur Strasbourg le 30 mai 1948, puis 6-1 à Metz le 22 août. Rebelote le 23 janvier 1949, un 6-1 infligé à un OM porteur du Bâton de Bourbotte, l’un des cinq plus gros écarts du club. Le règne qui en découle ? Une journée : le trophée file à Roubaix (3-2) dès la sortie suivante.
Les hommes du Bâton de Bourbotte
Porter le Bâton de Bourbotte et le pourchasser, deux métiers différents. Record de présences pour Louis Cardiet, 43 matchs, 25 le trophée en main et 18 en chasseur, devant René Cédolin (27 détenteur et 13 challenger, soit 40) et Olivier Sorlin (17 détenteur et 15 challenger, soit 32). Puis un trio à 29 : Jean-Claude Lavaud (18 détenteur et 11 challenger), Olivier Monterrubio et Yves Boutet (19 détenteur et 10 challenger chacun).
Chez les buteurs, le sommet est d’une symétrie parfaite : Jean Grumellon domine avec 18 buts, 9 en détenteur et 9 en challenger, imité par Daniel Rodighiero (7 en détenteur et 7 en challenger) et Giovanni Pellegrini (6 en détenteur et 6 en challenger). Le déséquilibre vient du trio à 9 buts, où Marcel Loncle détonne avec 8 buts le trophée en main et un seul sans, quand Sylvain Wiltord (4 en détenteur et 5 en challenger) et Jacques Cousin (5 en détenteur et 4 en challenger) restent à l’équilibre.
Sur le banc, Jean Prouff domine avec 39 matchs dirigés, devant Laszlo Boloni et Antoine Cuissard (16), Michel Le Milinaire (14) et Bruno Genesio (12). Curiosité : René Cédolin figure aux deux classements, 40 matchs joués et 10 dirigés.
En résumé
125 journées, 53 règnes : Rennes a touché le Bâton de Bourbotte plus souvent que presque tous, sans jamais s’installer avec. Un preneur d’élite doublé d’un gardien approximatif, à qui il faudrait un long règne, ce qu’il n’a produit que huit fois en quatre-vingts ans.
