L’ESTAC et le Bâton de Bourbotte : la forteresse de l’Aube
14/08/2026
Trois saisons de Ligue 2 auront suffi. L’ES Troyes AC retrouve l’élite et, avec elle, un Bâton de Bourbotte qu’elle a porté neuf fois depuis 1973. Neuf règnes étalés sur un demi-siècle, dont un détail statistique qui force le respect : le Bâton de Bourbotte n’a jamais quitté Troyes par la petite porte du Stade de l’Aube. Jamais.
Carte d’identité
- Règnes 9
- Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 18 (34e au classement historique)
- Premier règne 22 septembre 1973
- Dernier règne perdu le 10 avril 2022
- Plus long règne 4 journées (janvier-février 2002)
- Plus court règne 1 journée (à cinq reprises)
- Perdu à domicile 0 fois sur 9
- Comme détenteur 18 matchs — 9 conservations, 9 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
- Comme challenger 34 matchs — 9 prises, 25 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)
L’historique : cinquante ans, deux vies
Le dossier troyen est l’un des plus étalés dans le temps de toute la Ligue 1 2026-27 : l’ESTAC a croisé la route du Bâton de Bourbotte sur dix-huit saisons différentes, de 1955-56 à 2022-23, en deux périodes d’activité bien distinctes.
Les années 70 d’abord. Entre septembre 1973 et décembre 1977, Troyes s’empare du bâton six fois. C’est l’âge d’or quantitatif du club : six règnes en quatre saisons, mais des règnes courts, quatre d’entre eux ne durent qu’une seule journée.
Puis l’ère moderne. Trois règnes seulement : août 1999, janvier 2002 (le plus long, quatre journées, du 23 janvier au 9 février) et mars 2022. Ce dernier reste le souvenir le plus frais : le Bâton de Bourbotte arraché à Nantes le 12 mars 2022, gardé trois journées, puis cédé à Monaco.
Les neuf règnes en détail
| # | Pris à | Début | Durée | Perdu contre | Match fatal |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | OM | 22 sept. 1973 | 3 journées | Nantes | Nantes 3-0 Troyes |
| 2 | ASSE | 2 août 1974 | 1 journée | Red Star | Red Star 2-1 Troyes |
| 3 | Reims | 24 sept. 1974 | 3 journées | Bastia | Bastia 5-1 Troyes |
| 4 | Rennes | 29 oct. 1976 | 1 journée | PSG | PSG 2-1 Troyes |
| 5 | Reims | 11 déc. 1976 | 1 journée | Lens | Lens 3-1 Troyes |
| 6 | Rouen | 10 déc. 1977 | 1 journée | Nantes | Nantes 3-0 Troyes |
| 7 | Strasbourg | 20 août 1999 | 1 journée | Monaco | Monaco 3-0 Troyes |
| 8 | Monaco | 23 janv. 2002 | 4 journées | OL | OL 3-1 Troyes |
| 9 | Nantes | 12 mars 2022 | 3 journées | Monaco | Monaco 2-1 Troyes |
Deux clubs reviennent deux fois dans la colonne des bourreaux : Nantes et Monaco. Et un seul revient deux fois dans celle des victimes : le Stade de Reims, dépouillé par son voisin champenois en septembre 1974 puis en décembre 1976.
Les enjeux 2026-27
Le principe, pour mémoire : le Bâton de Bourbotte de Bourbotte passe de main en main dès que son détenteur perd. À l’intersaison, il est à l’AJ Auxerre, qui l’a pris à Lille lors de la dernière journée de l’exercice précédent. Pour que l’ESTAC le récupère, il faudra battre celui qui l’aura ce jour-là.
Un précédent auxerrois, et un mauvais souvenir
Les archives ne recensent qu’une seule confrontation entre l’ESTAC et une AJA détentrice du Bâton de Bourbotte : le 17 août 2002, au Stade de l’Aube. Résultat, Troyes 1-2 Auxerre et le bâton reparti en Bourgogne le soir même.
Les dates à cocher
- J1 — samedi 22 août 2026 : Troyes reçoit le Paris FC au Stade de l’Aube. Le Bâton de Bourbotte sera ailleurs (Lens-Auxerre), mais la saison commence là.
- Au plus tôt : J3 — samedi 5 septembre 2026. Il faudrait que Lens prenne le bâton à Auxerre dès la J1, que Strasbourg le lui reprenne à la J2, puis que l’ESTAC batte Strasbourg à domicile à la J3.
- J16 — samedi 16 janvier 2027 : Auxerre-Troyes. Premier rendez-vous avec l’actuel détenteur, en Bourgogne.
Les anecdotes
Le Stade de l’Aube n’a jamais lâché le Bâton de Bourbotte
C’est la donnée qui définit le dossier troyen. Neuf règnes, neuf fins de règne et neuf défaites à l’extérieur. À chaque fois, le bâton a changé de mains loin de la Champagne. Pas une seule fois en cinquante ans le public troyen n’a vu le trophée lui échapper sous ses yeux. Une virginité rare, que la saison 2026-27 mettra logiquement en danger.
Le voyage en Corse
Le 18 octobre 1974, l’ESTAC débarque à Furiani avec le Bâton de Bourbotte et repart sans, après une correction 5-1 signée Bastia. Plus lourde défaite troyenne dans un match comptant pour le Bâton de Bourbotte.
Un signe pour la J1 ?
Le hasard du calendrier a de l’humour : pour son retour dans l’élite, l’ESTAC reçoit le Paris FC. Or la dernière fois que Troyes l’a affronté dans un match comptant pour le Bâton de Bourbotte, c’était le 6 octobre 1973, en plein premier règne troyen, un 4-1, plus large victoire de l’ESTAC dans toute l’histoire du trophée. Le bâton ne sera pas sur la table le 22 août 2026, mais le précédent est plaisant.
Les hommes
Troyes n’a disputé que 18 matchs le trophée en main, contre 34 en position de chasseur et les compteurs individuels en portent la trace. Les deux recordmen sont des hommes des années 70 : Guy Formici et René Le Lamer, 25 matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte chacun, 10 comme détenteur et 15 comme challenger. Suivent Robert Jacques (19, dont 7 en règne) et Daniel Zorzetto (18, dont 7 avec le bâton). Ilija Petkovic affiche l’équilibre parfait (7 et 7), et Patrick Parizon est le seul du groupe à avoir plus souvent porté le bâton qu’à l’avoir poursuivi (7 contre 5).
Le contraste, c’est Benjamin Nivet qui le fournit. La figure la plus familière aux supporters récents totalise 12 matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte mais un seul avec le trophée sur les épaules, contre onze en chasseur. Le déséquilibre le plus net du dossier troyen.
Chez les buteurs, Nicolas Goussé mène avec 7 réalisations assez bien réparties (3 en règne, 4 en chasse), devant André Tota et Cheik Fantamady Diallo, 6 chacun mais dont 5 en challenger pour l’un comme pour l’autre, puis Gérard Tonnel (5). À l’opposé, Juan Trebucq n’a marqué qu’avec le bâton en main : ses 3 buts, tous en règne.
Côté banc, René Cédolin (13) et Pierre Flamion (12) dominent la période 70, devant Alain Perrin (9) et Jean-Marc Furlan (7) pour l’ère moderne.
En résumé
34e au classement historique avec 18 journées de règne, l’ESTAC revient avec un profil de passeur plutôt que de gardien : neuf prises, des règnes courts, et une constance à céder le trophée sur la route. Mais aussi une forteresse intacte. Neuf sur neuf. À Troyes, le Bâton de Bourbotte ne se perd pas à la maison.
