L’OL et le Bâton de Bourbotte : cinquième de l’histoire, fantôme du présent

05/08/2026

Quarante-sept fois preneur, 168 journées de règne, cinquième au classement historique : l’Olympique Lyonnais est un poids lourd du Bâton de Bourbotte. Sauf que sa dernière prise remonte au 30 octobre 2022, et qu’elle n’a tenu qu’une journée. Depuis l’été 2018, tout le patrimoine lyonnais tient dans ce week-end.

Carte d’identité

  • Règnes 47
  • Journées passées avec le Bâton 168 (5e au classement historique)
  • Saisons où le club a croisé le Bâton 62 (de 1951-52 à 2025-26)
  • Premier règne 24 janvier 1952, pris à Nîmes
  • Dernier règne entamé le 30 octobre 2022, perdu une journée plus tard
  • Plus long règne 13 journées (à partir du 28 février 2016)
  • Plus court règne 1 journée (à treize reprises)
  • Perdu à l’extérieur 38 fois sur 47
  • Comme détenteur 168 matchs — 121 conservations, 47 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
  • Comme challenger 120 matchs — 47 prises, 73 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)

L’historique : beaucoup de prises, aucune dynastie

Soixante-deux saisons à croiser le Bâton de Bourbotte, de 1951-52 à 2025-26, et quarante-sept fois la main dessus : dans le top 20, seuls l’OM (54 règnes), Rennes (53) et Bordeaux (51) ont fait mieux. Quand l’OL croise le porteur, il repart souvent avec.

Le problème : il ne le garde pas. 168 journées pour 47 règnes, à peine trois journées et demie de moyenne. Onze règnes se sont arrêtés au bout de deux journées, treize au bout d’une : plus de la moitié des passages lyonnais, 24 sur 47. Le PSG a pris le Bâton de Bourbotte douze fois de moins (35 règnes) mais l’a gardé 79 journées de plus (247). Lyon accumule, Paris capitalise.

Les règnes qui comptent

Onze règnes parlants, dans l’ordre chronologique des 47.

Pris à Début Durée Perdu contre Match fatal
1 Nîmes 24 janv. 1952 2 journées Bordeaux OL 0-1 Bordeaux (J24, à domicile)
5 Monaco 24 nov. 1963 9 journées Saint-Étienne ASSE 2-1 OL (J22)
14 Lens 10 févr. 1974 9 journées Saint-Étienne ASSE 2-0 OL (J34)
31 Nantes 27 janv. 2001 11 journées Lens Lens 2-0 OL (J1 saison suivante)
33 Auxerre 19 oct. 2002 5 journées Lille Lille 2-1 OL (J16)
35 Auxerre 15 févr. 2004 7 journées OM OL 1-2 OM (J31, à domicile)
39 Saint-Étienne 3 mars 2007 10 journées Monaco Monaco 1-0 OL (J37)
41 Auxerre 5 mai 2010 5 journées Caen Caen 3-2 OL (J2 saison suivante)
42 OM 8 mai 2011 1 journée Auxerre Auxerre 4-0 OL (J35)
44 PSG 28 févr. 2016 13 journées Dijon Dijon 4-2 OL (J3 saison suivante)
47 Lille 30 oct. 2022 1 journée OM OM 1-0 OL (J14, au Vélodrome)

Les trente-six autres sont des passages express, concentrés sur une période faste : dix règnes dans les années 1990, douze dans les années 2000, près de la moitié du total en vingt ans. Avant, un trou béant : le n° 18 s’ouvre le 4 mai 1982 et meurt une journée plus tard à Nancy, le suivant attend le 17 mars 1990. Près de huit ans sans le moindre passage du bâton par Lyon, dont six saisons d’affilée sans la moindre feuille de match du trophée.

Les enjeux 2026-27

Pour mémoire : le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il est à l’AJ Auxerre, qui l’a arraché à Lille (0-2) à l’ultime journée. Pas de raccourci : battre celui qui l’aura ce jour-là.

Auxerre, le fournisseur attitré

Et là, le calendrier fait un cadeau. Onze confrontations OL-AJA en matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte : six victoires, deux nuls, trois défaites pour Lyon, et trois règnes lyonnais démarrés aux dépens d’Auxerre — le 19 octobre 2002 (3-0), le 15 février 2004 (1-2 en Bourgogne), le 5 mai 2010 (2-1). Surtout, les deux fois où une AJA détentrice s’est déplacée à Lyon, elle est repartie sans le bâton. Le revers : l’unique fois où Auxerre a dépouillé l’OL, ce fut un 4-0, le 11 mai 2011.

Les dates à cocher

  • J1 — samedi 22 août 2026, 18h45 : Toulouse-OL, pendant que le Bâton de Bourbotte se joue à Bollaert, entre Lens et Auxerre.
  • J3 — vendredi 4 septembre 2026, 19h00 : OL-Auxerre : aucun scénario ne met le Bâton entre des mains lyonnaises plus tôt, puisque l’OL reçoit ce jour-là le détenteur en titre… encore faut-il qu’Auxerre l’ait toujours. Pas une prévision, la date la plus précoce possible. Lens peut frapper dès la J1, le PSG pas avant la J5.

Les anecdotes

L’Olympico, matrice du bâton lyonnais

Nul n’est plus mêlé à cette histoire que l’OM, à la fois victime préférée de l’OL (6 règnes pris) et bourreau numéro un (5 règnes stoppés) : onze des 47 règnes lyonnais commencent ou finissent par un Olympico. Le derby est plus symétrique encore : trois règnes entamés aux dépens de Saint-Étienne (1968, 2007, 2012), trois tués par les Verts, toujours chez eux et sur des scores nets (2-1, 2-0, 3-0).

La défaite qui n’a pas compté

Le 14 mai 2016, ultime journée, l’OL se rend à Reims avec le Bâton et prend 4-1. Le trophée aurait dû rester en Champagne mais Reims descend en Ligue 2, et la règle est claire : un club relégué le rend à son précédent détenteur. Lyon le conserve malgré la gifle, passe l’été avec, et le garde jusqu’à la 3e journée suivante. Huit défaites de détenteur seulement ont été annulées ainsi depuis 1946. L’OL en a bénéficié une fois.

Les hommes

Grégory Coupet écrase les présences : 89 matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte, près d’un tiers des 288 du club, dont 68 le trophée en main. Sidney Govou a le même profil (62, dont 47 en détenteur). À l’inverse, deux hommes des années 1960-70 racontent l’OL qui courait après : Fleury Di Nallo, 60 matchs presque partagés (34 en détenteur, 26 en challenger), et Yves Chauveau, 56 dont 25 en chasse, les deux répartitions les plus équilibrées du groupe.

Di Nallo est aussi le meilleur buteur du dossier avec 30 réalisations, dont 10 sans le bâton. Derrière, Alexandre Lacazette et Sonny Anderson à 21 buts chacun, mais pas dans le même rôle : 3 en challenger pour le premier, 5 pour le second. Juninho, lui, est à l’équilibre parfait : 16 buts, 8 dans chaque rôle. Sur le banc, Aimé Mignot écrase tout (45 matchs dirigés), presque le double de Bruno Genesio (25) ou Paul Le Guen (24).

En résumé

Cinquième de l’histoire, quatrième preneur le plus vorace du top 20 : un dossier de géant. Mais un géant sans dynastie : jamais plus de treize journées d’affilée, la moitié des règnes expédiés en deux journées, huit abandons sur dix loin de Lyon. Et un géant en sommeil : une seule journée de règne depuis l’été 2018. Sa perche : la 3e journée.