Le Stade Brestois 29 et le Bâton de Bourbotte : le club qui gagne plus qu’il ne perd

16/08/2026

Vingt-deuxième au classement historique, 43 journées de règne : sur le papier, le Stade Brestois 29 est un client modeste du Bâton de Bourbotte. Sauf qu’en séparant les deux rôles, on tombe sur une anomalie : quand Brest court après le Bâton de Bourbotte, il l’attrape. 15 prises en 39 matchs. Sur les dix-huit clubs de l’élite, seuls l’OM, Rennes, le PSG, Strasbourg et Lyon font mieux.

Carte d’identité

  • Règnes 15
  • Journées passées avec le Bâton de Bourbotte 43 (22e au classement historique)
  • Saisons où le club a croisé le bâton 20, de 1979-80 à 2025-26
  • Premier règne 21 septembre 1982 (pris à Lens)
  • Dernier règne 7 février 2026 (pris à Lorient)
  • Plus long règne 8 journées (à partir du 28 août 2010)
  • Plus court règne 1 journée (à cinq reprises)
  • Fins de règne 6 à domicile, 9 à l’extérieur
  • Comme détenteur 43 matchs — 28 conservations, 15 pertes (un nul suffit à conserver le Bâton de Bourbotte)
  • Comme challenger 39 matchs — 15 prises, 24 échecs (seule la victoire le fait changer de mains)

L’historique

Les années 80 d’abord. Le club apparaît dans les archives du bâton dès 1979-80, mais il lui faut trois saisons de plus pour poser la main dessus : cinq règnes du 21 septembre 1982 au printemps 1990, pour 11 journées.

Puis le grand silence. Après la correction reçue à Lyon le 17 mars 1990 (4-0), le Bâton de Bourbotte ne repasse plus par le Finistère pendant vingt ans et cinq mois, jusqu’au 28 août 2010 : arraché à Caen, il s’installe huit journées, record brestois.

Enfin l’ère moderne. Depuis octobre 2019, Brest a pris le Bâton de Bourbotte sept fois pour 21 journées, près de la moitié de son patrimoine, dont deux règnes et 8 journées sur la seule saison 2025-26.

Les quinze règnes en détail

# Pris à Début Durée Perdu contre Match fatal
1 Lens 21 sept. 1982 2 journées Bordeaux Brest 0-1 Bordeaux (J9, dom.)
2 Rennes 20 sept. 1985 1 journée Nantes Brest 1-3 Nantes (J13, dom.)
3 Bordeaux 22 nov. 1986 4 journées Lens Lens 2-1 Brest (J22)
4 Toulon 7 mai 1988 1 journée Lille Lille 2-0 Brest (J35)
5 Bordeaux 21 févr. 1990 3 journées OL OL 4-0 Brest (J29)
6 Caen 28 août 2010 8 journées Lille Lille 3-1 Brest (J12)
7 Auxerre 21 mai 2011 1 journée Toulouse Brest 0-2 Toulouse (J38, dom.)
8 OM 26 févr. 2012 2 journées Bordeaux Brest 0-2 Bordeaux (J27, dom.)
9 Dijon 26 oct. 2019 1 journée Amiens Amiens 1-0 Brest (J12)
10 Lille 8 nov. 2020 3 journées Bordeaux Bordeaux 1-0 Brest (J13)
11 Monaco 31 oct. 2021 6 journées Montpellier Brest 0-4 Montpellier (J18, dom.)
12 Lens 13 août 2023 2 journées OM OM 2-0 Brest (J3)
13 Toulouse 19 mai 2024 1 journée OM Brest 1-5 OM (J1, dom.)
14 Metz 23 nov. 2025 3 journées Rennes Rennes 3-1 Brest (J16)
15 Lorient 7 févr. 2026 5 journées Monaco Monaco 2-0 Brest (J26)

Les enjeux 2026-27

Le principe : le Bâton de Bourbotte change de mains dès que son détenteur perd, un nul et il reste. À l’intersaison, il appartient à l’AJ Auxerre, qui l’a arraché à Lille (0-2) le 17 mai 2026, lors de la 34e et dernière journée. Pas de calcul : pour le rapatrier, il faudra battre celui qui l’aura ce jour-là.

Le précédent auxerrois : Brest sait faire

Deux face-à-face seulement entre Brest et une AJA porteuse du Bâton de Bourbotte : un 1-1 le 15 août 1987, puis Auxerre 0-1 Brest le 21 mai 2011, et le trophée prend la route du Finistère. Une victoire, un nul, aucune défaite : Brest est invaincu face à une AJA détentrice, et il est allé se servir chez elle.

La date à cocher

  • J5 — samedi 19 septembre 2026 : Auxerre-Brest. Aucun scénario ne peut amener le bâton dans le Finistère avant cette date, et le plus court chemin est le plus direct, affronter le détenteur lui-même, si l’AJA a tenu quatre journées.

Les anecdotes

Le règne de quatre-vingt-dix jours… et d’une journée

Le 19 mai 2024, dernier match de l’exercice 2023-24, Brest prend le Bâton de Bourbotte à Toulouse. Et le garde tout l’été. Le trophée ne repart que le 17 août, à la première journée de la saison suivante, balayé par un OM vainqueur 1-5 : un règne d’une seule journée… étalé sur quatre-vingt-dix jours. Exactement la position qu’occupe Auxerre aujourd’hui. Brest sait à quoi ressemble la sortie de route d’un détenteur estival.

La prise qui n’a jamais existé

Le 27 mai 1988, Brest reçoit Saint-Étienne, détenteur du Bâton de Bourbotte, et l’emporte 1-0. Sur le terrain, le trophée change de camp. Dans les registres, il n’a jamais bougé. Brest est relégué à l’issue de la saison, et un club qui descend doit restituer le bâton à son précédent détenteur : les Verts repartent avec. Voilà pourquoi ce succès n’apparaît nulle part dans les quinze règnes brestois.

Les hommes

Le rôle change la lecture. Brendan Chardonnet, pilier absolu avec 32 matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte, est presque à l’équilibre : 18 en détenteur, 14 en challenger. Suivent Hugo Magnetti (25, dont 15 avec le trophée), Romain Del Castillo (24, dont 15), Jérémy Le Douaron (20, dont 12) et un seul homme penché du côté chasseur, Maurice Bouquet (19, dont 10 en challenger).

Chez les buteurs, Del Castillo mène avec 8 réalisations, dont 5 en challenger : un homme de prise plus qu’un homme de règne, à l’inverse de Ludovic Ajorque (6, dont 4 le bâton en main). Le cas le plus tranché reste Drago Vabec, dont les 4 buts ont tous été marqués en chasse, aucun avec le trophée. Steve Mounié (5, trois et deux), Gérard Bernardet (4, dont 3 en challenger), Gérard Buscher (4, deux et deux), Romain Faivre et Irvin Cardona complètent le tableau. Sur le banc, le regretté Éric Roy a dirigé 19 matchs comptant pour le Bâton de Bourbotte, record du dossier, devant Alex Dupont (15).

En résumé

Un patrimoine modeste, 43 journées, 22e rang, à deux journées du 20e, mais le profil du club qu’aucun détenteur n’a envie de croiser : un rendement de chasseur parmi les six meilleurs de l’élite, sept règnes depuis 2019, un précédent auxerrois immaculé. Le Bâton de Bourbotte ne sera pas du déplacement au Mans, à la J1, le 22 août. Il pourrait très bien être en Bourgogne le 19 septembre, à l’endroit exact où Brest est déjà venu se servir.